le nom de la ville croate de « Knin » dans la vidéo éditée. Au début de la vidéo, le narrateur explique que les
rats et les humains ont vécu ensemble dans la ville royale de Knin pendant plusieurs années et que les rats ont
décidé qu’ils voulaient vivre dans un « pays de rats purs » et ont donc commencé à harceler et à persécuter les
habitants de la ville.
Le narrateur poursuit son récit, expliquant que lorsque les rats ont pris possession de la ville, un joueur de
flûte du village croate de Čavoglave est apparu mais qu’au départ, les rats n’avaient pas pris le joueur de flûte
au sérieux et ont continué « la grande agression des rats ». Après qu’il a joué un air sur sa « flûte enchantée »,
les rats se sont mis à chanter « leur chanson favorite » et ont suivi le joueur de flûte hors de la ville. Meta a
traduit les paroles de la chanson chantée par les rats comme suit : « Quelle est cette chose qui brille sur le
Dinara, la cocarde de Dujić sur sa tête [...] La liberté émergera du Dinara, et sera apportée par Momčilo le
chef de guerre » [p. 5].
La vidéo montre ensuite les habitants de la ville fermant la porte derrière le joueur de flûte et les rats. À la fin
de la vidéo, le joueur de flûte rassemble les rats dans un tracteur, qui disparaît ensuite. Le narrateur a conclu
qu’une fois que le joueur de flûte eût attiré tous les rats dans le « tracteur magique », les rats « disparurent de
ces terres à jamais » et que « tout le monde vécut heureux pour toujours » [p. 5].
Le contenu a été vu plus de 380 000 fois, partagé plus de 540 fois et a suscité plus de 2400 réactions et plus
de 1200 commentaires. Meta a traduit quelques-uns des commentaires écrits en croate : « La haine est une
maladie » et « Pensez-vous aux problèmes que cette publication et vos autres stupidités du genre engendrent
pour les personnes d’origine croate qui vivent en Serbie ? » [p. 6].
Les utilisateurs ont signalé le contenu 397 fois. Parmi ceux-ci, 362 utilisateurs l’ont signalé comme discours
haineux mais Meta ne l’a pas supprimé. Certains utilisateurs ont donc fait appel de la décision de laisser la
publication sur la plateforme auprès du Conseil.
La décision du Conseil se fonde sur l’appel intercédé par l’un de ces utilisateurs, dont le compte semble être
basé en Serbie et dont le signalement a été rejeté par un système automatique. Une fois que ledit utilisateur a
fait appel auprès du Conseil, Meta a effectué un nouvel examen manuel pour conclure, encore une fois, que
le contenu ne violait pas ses politiques.
En janvier 2022, lorsque le Conseil a sélectionné le cas pour l’examiner en détail, Meta a déterminé que la
publication ne violait pas la lettre de la politique en matière de discours haineux, mais qu’elle en
violait l’esprit, et l’entreprise a décidé de supprimer le contenu de Facebook. Toutefois, lorsque l’entreprise a
rédigé le brouillon de sa justification auprès du Conseil, Meta a conclu que la publication violait la lettre de
la politique relative aux discours haineux, et que toutes les décisions précédentes étaient erronées.
Aperçu de la décision
La principale question que le Conseil devait analyser dans cette affaire était de savoir si la décision initiale de
Meta de conserver le contenu sur Facebook était conforme aux Standards de la communauté Facebook en
matière de discours de haine et de violence et d’incitation, ainsi qu’aux valeurs de l’entreprise et ses
responsabilités en matière de droits de l’homme.