ARRÊT PATRÍCIO MONTEIRO TELO DE ABREU c. PORTUGAL - OPINIONS SÉPARÉES partisans (appelés les Bernie Bros) à l’égard des femmes soutenant Hillary Clinton1. 3. Victimes et auteurs 11. Les victimes et les survivantes de violence à l’égard des femmes en politique peuvent être titulaires de charges politiques, candidates ou femmes briguant l’investiture, sympathisantes politiques, électrices, observatrices électorales ou fonctionnaires. Dans la vie publique au sens large, les militantes de la société civile, professionnelles des médias et défenseuses des droits de l’homme peuvent également être la cible de violences. Les membres de la famille ou les militants associés aux femmes ciblées sont également touchés. Les femmes confrontées à des formes multiples et croisées de discrimination – fondée par exemple sur l’âge, l’orientation sexuelle et l’identité de genre, ou l’origine ethnique – et celles qui ont certaines opinions politiques ou qui sont associées à un militantisme en faveur des droits de l’homme peuvent être plus vulnérables à la violence. 12. Selon un rapport établi par l’African Conflict Location and Event Data Project (ACLED) – la plus grande source de données et d’analyses sur la violence politique et la contestation dans le monde – en collaboration avec le Strauss Center for International Security and Law, au total 8% des cibles de violence physique à l’égard des femmes en politique sont des candidates à des fonctions officielles, 12% sont des femmes politiques, près d’un quart – 24 % – sont des sympathisantes de partis politiques (ce qui en fait l’une des catégories les plus exposées à la violence), 2% sont des électrices, 16% sont des responsables étatiques (notamment des fonctionnaires, des représentantes des autorités locales et des personnes exerçant une charge politique non partisane) et 38% sont des militantes, DRH ou responsables sociales2. 13. La violence à l’égard des femmes en politique peut être perpétrée hors ligne et en ligne, tant en public qu’en privé, par d’autres responsables politiques, des électeurs, des membres de la famille ou des inconnus, des chefs traditionnels ou religieux, des opposants politiques et des membres de partis politiques, des médias et des journalistes, des acteurs de l’État ou d’autres communautés. En ligne, elle peut être le fait de ces mêmes personnes, mais aussi de trolls et de bots anonymes. 14. Selon le rapport précité de l’ACLED, un tiers de la violence physique à l’égard des femmes en politique est perpétrée par des groupes armés non identifiés, un quart par des milices et des bandes politiques, un cinquième par les forces de l’État. Les groupes rebelles sont responsables de 8% de la violence physique à l’égard des femmes en politique, de même que les bandes Mona Lena Krook, ‘Violence Against Women in Politics’ in Journal of Democracy, Volume 28, Number 1, January 2017, pp. 74-88 (Article). 2 https://acleddata.com/2019/05/29/terribly-and-terrifyingly-normal-political-violencetargeting-women/ 1 22

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