Le Conseil a noté que les Règles de la communauté Instagram, qui comprenaient un lien vers le standard de
la communauté Facebook sur les individus et les organismes dangereux, indiquaient qu’Instagram n’est pas
un endroit pour soutenir ou faire l’éloge du terrorisme, du crime organisé ou des groupes haineux. Il a ensuite
souligné que les Standards de la communauté s’appliquent à Instagram de la même manière qu’elles
s’appliquent à Facebook. Il a expliqué aussi que le Standard de la communauté sur les individus et les
organismes dangereux cherche à « éviter et empêcher tout danger réel [en] ne permettant à aucune organisation
ou individu qui revendique des objectifs violents ou qui se livre à la violence d’être présent sur Facebook ».
Le Conseil a également fait remarquer qu’à l’époque où le Standard était mis en application, il indiquait que
Facebook pouvait supprimer tout contenu soutenant ou faisant l’éloge de groupes, dirigeants ou individus
impliqués dans ces activités.
Sur demande du Conseil, Facebook a partagé l’instruction interne aux modérateurs de contenu sur la
signification du terme « soutien » envers des individus et des organismes désignés. Celle-ci définit un « appel
à l’action » comme « un appel visant à inciter une audience à accomplir des actions pour faire la promotion
d’un organisme désigné comme dangereux, ou sa cause » [p. 11]. Néanmoins, le Conseil a souligné que ces
précisions ne figuraient pas dans les Standards de la communauté accessibles au public au moment où le
contenu a été publié et n’étaient pas incluses dans la mise à jour publiée le 23 juin 2021.
Par ailleurs, le Conseil a considéré que l’instruction égarée et non publique mise en place en 2017 pour
souligner que la discussion sur les conditions de détention d’une personne désignée comme dangereuse était
autorisée et ne constituait pas une quelconque forme de « soutien ». Le Conseil a noté que la politique de
Facebook consistant à supprimer par défaut le contenu qui témoigne du « soutien » à des individus désignés,
tout en cachant au public des exceptions clés, a permis à cette erreur de passer inaperçue pendant environ trois
ans sans que quiconque n’ait à rendre de comptes. Ainsi, le Conseil a décidé en l’espèce que même sans la
découverte de l’instruction égarée, le contenu n’aurait jamais dû être supprimé pour avoir montré un
quelconque « soutien » puisque l’utilisateur a uniquement encouragé les personnes à discuter de l’isolement
cellulaire de M. Öcalan, notamment par le biais de grèves de la faim, de protestations, d’actions en justice,
d’articles d’opinion, de groupes de lecture et de mèmes. Par conséquent, le Conseil a considéré que la
suppression du contenu n’a pas servi l’objectif déclaré de la politique, à savoir éviter et empêcher tout danger
réel.
Respect des valeurs de Facebook
Le Conseil a conclu que la décision de Facebook de supprimer le contenu n’était pas conforme aux valeurs de
« liberté d’expression » et de « sécurité » de Facebook. Il a expliqué que l’utilisateur cherchait à mettre en
évidence d’éventuelles violations des droits de l’homme et que la contestation de ces violations était au cœur
de la valeur de « liberté d’expression ». De plus, le Conseil a noté que La valeur de « sécurité » a été
théoriquement engagée parce que le contenu concernait un individu désigné comme dangereux. Toutefois, la
suppression du contenu n’a pas répondu à un problème de sécurité patent puisque ce contenu n’incluait aucune
formulation incitante ou préconisant le recours à la violence. La décision de Facebook a plutôt illégitimement
étouffé la liberté d’expression d’une personne soulevant une question qui porte sur les droits de l’homme.
Respect des responsabilités de Facebook en matière des droits de l’homme
Le Conseil a rappelé que discuter des conditions de détention d’un individu et des infractions présumées à ses
droits de l’homme en détention relève des types d’expression protégés par l’article 19 du PIDCP. Il a