ARRÊT CENGİZ ET AUTRES c. TURQUIE
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centre d’information a été créé, qui recueille notamment les plaintes de
citoyens relatives au contenu de fichiers diffusés sur Internet. Par ce biais,
les citoyens ont adressé à ce centre de nombreuses plaintes relatives à des
fichiers diffusés par YouTube.
B. La loi no 5816
24. Les dispositions pertinentes de la loi no 5816 du 25 juillet 1951
interdisant l’outrage à la mémoire d’Atatürk sont ainsi libellées :
Article 1
« Quiconque injurie ou insulte explicitement la mémoire d’Atatürk sera puni de
un an à trois ans d’emprisonnement.
Quiconque casse, détruit, endommage ou salit les statues ou les gravures qui
représentent Atatürk ou son tombeau sera puni de un an à cinq ans d’emprisonnement.
Quiconque incite à commettre les délits cités ci-dessus sera puni comme l’auteur
principal. »
Article 2
« La peine sera aggravée de moitié si le délit énoncé à l’article [1] a été commis par
deux personnes ou par une association de plus de deux personnes, ou explicitement ou
par voie de presse ou en public. En cas de tentative de commission ou de commission
avec violence des délits énoncés au deuxième alinéa de l’article 1, la peine sera
doublée. »
C. Jurisprudence constitutionnelle
1. Arrêt « twitter.com »
25. À la suite de plusieurs décisions adoptées par les tribunaux turcs
selon lesquelles le site https://twitter.com (site de microblogage permettant à
un utilisateur d’envoyer gratuitement de brefs messages sur Internet par
messagerie instantanée ou par SMS) hébergeait des contenus portant atteinte
à la vie privée et à la réputation des plaignants, la PTI a ordonné en mars
2014 le blocage de l’accès à ce site. Par un jugement du 25 mars 2014, le
tribunal administratif d’Ankara a suspendu l’exécution de la décision de la
PTI.
Entre-temps, les 24 et 25 mars 2014, trois personnes, dont les deuxième
et troisième requérants, avaient introduit un recours individuel devant la
Cour constitutionnelle pour contester la décision de blocage.
Par un arrêt du 2 avril 2014 (2014/3986), la Cour constitutionnelle a jugé
que la décision de blocage de l’accès à https://twitter.com prise par la PTI
portait atteinte au droit à la liberté de recevoir ou de communiquer des
informations et des idées. Dans son arrêt, elle indiquait notamment que le
fait de retarder la diffusion des partages d’informations ou d’opinions dans
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