[2014] 3 R.C.S. R. c. fearon Le juge Cromwell 665 [94] Of course, the police cannot choose the least onerous path whenever there is a gray area in the law. In general, faced with real uncertainty, the police should err on the side of caution by choosing a course of action that is more respectful of the accused’s potential privacy rights. But here, if the police faced a gray area, it was a very light shade of gray, and they had good reason to believe, as they did, that what they were doing was perfectly legal. [94] Bien entendu, les policiers ne peuvent pren­ dre le moyen le moins compliqué lorsque le droit com­­porte une zone grise. En général, lorsqu’ils sont vraiment incertains, les policiers devraient re­ dou­bler de prudence en optant pour une ligne de con­duite qui est plus respectueuse des droits que l’ac­cusé pourrait avoir en matière de respect de la vie privée. Mais en l’espèce, si les policiers se trou­ vaient dans une zone grise, cette nuance de gris était très subtile, et ils avaient de bonnes raisons de croire que les mesures prises étaient parfaite­­ment légales. [95] In my view, the first factor favours ad­mis­ sion of the evidence. There is not here even a whiff of the sort of indifference on the part of the police to the suspect’s rights that requires a court to dis­as­so­ ci­ate itself from that conduct. The police simply did some­thing that they believed on reasonable grounds to be lawful and were proven wrong, after the fact, by developments in the jurisprudence. That is an honest mistake, reasonably made, not state mis­con­ duct that requires exclusion of evidence. [95] À mon avis, le premier facteur favorise l’admission des éléments de preuve. En l’espèce, il n’y a pas même eu, de la part des policiers, une om­bre d’indifférence envers les droits du suspect qui exigerait du tribunal qu’il se dissocie de cette con­duite. Les policiers ont simplement pris des me­ sures qu’ils croyaient raisonnablement légales et, ultérieurement, l’évolution de la jurisprudence a prouvé qu’ils avaient eu tort. Il s’agit d’une erreur honnête, commise raisonnablement, et non d’une in­­conduite de l’État qui exige l’exclusion des élé­ ments de preuve. [96] The second factor concerns the impact of the breach on the Charter-protected interests of the accused. Any search of any cell phone has the potential to be a very significant invasion of a per­ son’s informational privacy interests. But, in the par­ticular circumstances of this case, the trial judge found, in effect, that Mr. Fearon had not established that the invasion of his privacy had been particu­ larly grave. This conclusion is supported by the fact that Mr. Fearon did not challenge the warrant that was subsequently issued for the comprehen­ sive search of the cell phone. This amounts to a concession that, even if the findings of the initial search were ex­cised from the information to obtain that war­rant, rea­son­able and probable grounds were still made out. As the trial judge noted, “[t]he unchallenged warrant mitigates against both the seriousness of the assumed earlier breach and the impact on [Mr.  Fearon’s] Charter-protected in­ ter­ests”: Ruling, at para.  54. So we are not here con­cerned with a search that could not have been legally conducted at all. Mr.  Fearon’s privacy in­ terests were going to be impacted one way or the [96] Le deuxième facteur concerne l’incidence de la violation sur les intérêts de l’accusé que pro­ tège la Charte. Toute fouille d’un téléphone cellu­ laire risque de constituer une atteinte très impor­tante à l’intérêt que porte une personne à la protection du caractère privé des renseignements qu’il contient. Or, dans les circonstances précises de l’espèce, la juge du procès a conclu, en fait, que M.  Fearon n’avait pas établi que l’atteinte à sa vie privée était par­ticulièrement grave. Cette conclusion est étayée par le fait que M. Fearon n’a pas contesté le man­ dat qui a été subséquemment décerné relative­ment à la fouille complète du téléphone cellulaire. Ainsi, il re­connaît que même si les découvertes résultant de la fouille initiale étaient retirées de la dénon­cia­ tion en vue d’obtenir le mandat, il existerait tou­ jours des motifs raisonnables et probables. Comme l’a fait remarquer la juge du procès, [traduction] « [l]e mandat non contesté atténue tant la gravité de la pré­sumée violation antérieure que l’incidence de la fouille sur les intérêts de [M. Fearon] que pro­tège la Charte » : décision, par. 54. Ainsi, il ne s’agit pas en l’espèce d’une fouille qui n’aurait pas

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