29 AVRIL 2016
C.15.0052.F/35
Si les articles 10 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et
des libertés fondamentales et 19 du Pacte international relatif aux droits civils et
politiques, qui protègent la liberté d’expression et, partant, la liberté de la presse,
confèrent aux organes de la presse écrite le droit de mettre en ligne des archives
numériques et au public celui d’accéder à ces archives, ces droits ne sauraient être
absolus mais peuvent, dans les strictes limites prévues par ces dispositions
conventionnelles, céder dans certaines circonstances le pas à d’autres droits
également respectables.
Le droit au respect de la vie privée, garanti par les articles 8 de la
Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
17 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et 22 de la
Constitution, qui, comme l’admet le moyen, en cette branche, comporte le droit à
l’oubli permettant à une personne reconnue coupable d’un crime ou d’un délit de
s’opposer dans certaines circonstances à ce que son passé judiciaire soit rappelé
au public à l’occasion d’une nouvelle divulgation des faits, peut justifier une
ingérence dans le droit à la liberté d’expression.
L’archivage numérique d’un article ancien de la presse écrite ayant, à
l’époque des faits, légalement relaté des événements du passé désormais couverts
par le droit à l’oubli ainsi entendu n’est pas soustrait aux ingérences que ce droit
peut justifier dans le droit à la liberté d’expression.
Ces ingérences peuvent consister en une altération du texte archivé de
nature à prévenir ou réparer une atteinte au droit à l’oubli.
Après avoir énoncé, ainsi qu’il a été dit en réponse à la première branche
du moyen, que le litige concerne « une […] facette » du droit à l’oubli qui vise
« la possibilité pour une personne de demander l’effacement des données qui la
concernent, et plus spécialement des données mises en ligne, après une période
donnée », « l’enjeu n’[étant] plus d’empêcher ou de sanctionner la mise en
lumière de faits anciens mais d’obtenir la suppression d’informations disponibles
sur internet », l’arrêt attaqué considère qu’en mettant l’article litigieux en ligne,
« [le demandeur] [a permis] une mise ‘en une’ de [cet] article via le moteur de
Seleccionar párrafo de destino3
Conectar a un párrafo
Connect to an entity
Disable highlights
Añadir a la tabla de contenidos