290 CROOKES  v. NEWTON  Abella J. [2011] 3 S.C.R. any one of them can republish the message by printing it or, as is more likely, by forwarding it instantly to a different discussion forum. And if the message is sufficiently provocative, it may be republished again and again. The extraordinary capacity of the Internet to replicate almost endlessly any defamatory message lends credence to the notion that “the truth rarely catches up with a lie”. The problem for libel law, then, is how to protect reputation without squelching the potential of the Internet as a medium of public discourse. [Blair J.A.’s emphasis deleted.] si le message est affiché dans un forum de discussion qui n’est fréquenté que par un nombre restreint de personnes, chacune d’elles peut le diffuser à son tour en l’imprimant ou — ce qui est plus probable — en le transmettant instantanément à un autre forum de discussion. Et si le message est suffisamment provocateur, il peut être diffusé à répétition. La capacité extraordinaire de l’Internet de reproduire presqu’à l’infini n’importe quel message diffamatoire vient renforcer la notion selon laquelle « la vérité rattrape rarement le mensonge ». Le problème qui se pose, du point de vue du droit relatif à la diffamation, est donc de savoir comment protéger la réputation sans détruire le potentiel de l’Internet en tant qu’espace de débat public. [Italique et soulignement du juge Blair omis.] [38]  New activities on the Internet and the greater potential for anonymity amplify even further the ease with which a reputation can be harmed online: [38]  Les nouveautés qui font leur apparition sur l’Internet et la possibilité accrue de conserver l’anonymat permettent avec encore plus de facilité de porter atteinte à la réputation de quelqu’un en ligne : The rapid expansion of the Internet coupled with the surging popularity of social networking services like Facebook and Twitter has created a situation where everyone is a potential publisher, including those unfamiliar with defamation law. A reputation can be destroyed in the click of a mouse, an anonymous email or an illtimed Tweet. [TRADUCTION] L’expansion rapide de l’Internet, jumelée à la vague de popularité que connaissent les services de réseautage social comme Facebook et Twitter, fait de chaque individu, y compris celui qui ne connaît rien au droit de la diffamation, un diffuseur en puissance. Une réputation peut être anéantie par un simple clic de souris, un courriel anonyme ou un tweet inopportun. (Bryan G. Baynham, Q.C., and Daniel J. Reid, “The Modern-Day Soapbox: Defamation in the Age of the Internet”, in Defamation Law: Materials pre‑ pared for the Continuing Legal Education seminar, Defamation Law 2010 (2010), at p. 3.1.1) (Bryan G. Baynham, c.r., et Daniel J. Reid, « The Modern-Day Soapbox : Defamation in the Age of the Internet », dans Defamation Law : Materials prepared for the Continuing Legal Education semi‑ nar, Defamation Law 2010 (2010), p. 3.1.1) [39]  But I am not persuaded that exposing mere hyperlinks to the traditional publication rule ultimately protects reputation. A publication is defamatory if it both refers to the plaintiff and conveys a defamatory meaning: Grant, at para. 28. These inquiries depend, respectively, on whether the words used or “the circumstances attending the publication are such as[] would lead reasonable persons to understand that it was the plaintiff to whom the defendant referred” (Brown, at para. 6.1), and whether the words would “ten[d] to lower a person in the estimation of right-thinking members of society” (Botiuk v. Toronto Free Press Publications Ltd., [1995] 3 S.C.R. 3, at para. 62). Defamatory meaning in the words may be discerned from “all [39]  Je ne suis toutefois pas convaincue qu’en bout de ligne le fait de soumettre de simples hyperliens à la règle traditionnellement applicable en matière de diffusion protège la réputation. Il y a diffamation si les mots en cause visent le demandeur et s’ils transmettent un sens diffamatoire : Grant, par. 28. Pour le savoir, il faut se demander, d’une part, si les mots employés ou [TRADUCTION] « les circonstances entourant la publication sont telles que des personnes raisonnables en comprendraient que c’est au demandeur que le défendeur faisait référence » (Brown, par. 6.1) et, d’autre part, si les mots « tend[ent] à diminuer une personne dans l’estime des membres bien pensants de la société » (Botiuk c. Toronto Free Press Publications Ltd., [1995] 3 R.C.S.

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