Maroc - Le jeune Walid Bahomane écope
d'un an de prison pour lèse-majesté
à jour le 17/02/2012 à 17:23
La plateforme collective Mamfakinch (Nous ne céderons pas!) fondée sur le modèle du blog
tunisien Nawaat en soutien du Mouvement du 20 février, a été la première a donner
l’information, citant le témoignage d’un membre de l’Association marocaine des droits de
l’homme (AMDH):
Walid Bahomane, le jeune étudiant marocain de 18 ans, accusé d’avoir porté atteinte à la
personne du roi pour avoir diffusé une série de caricatures de Mohammed VI via Facebook, dont
principalement celle du journaliste et cartoonist burkinabé Damien Glez, a été condamné le 16
février par le tribunal de première instance de Rabat à un an de prison ferme et une amende de
10.000 Dirhams (à peu près 1.000 euros). Damien Glez avait pris sa défense en publiant une
lettre ouverte au roi du Maroc sur SlateAfrique.
Le jeune, qui avait été arrêté le 24 janvier dernier, était soupçonné d’avoir piraté le compte
Facebook d’un ami dans l’objectif d’y publier une vidéo à charge contre Mohammed VI. Celle-ci
comporterait, selon le dossier d’instruction, «des dessins de presse commentés par une voix-off
proférant des insultes à l’endroit du roi».
«Selon l’AMDH, les commentaires ne relèvent en aucun cas de l’injure. "Le roi déteste son
peuple", "Le peuple est là pour obéir" ou encore "le peuple est nul" sont les expressions qui
auraient été utilisées dans ce montage», rapporte pour sa part le site Minute Buzz Maghreb.
Le procès du jeune Walid aurait par ailleurs été entâché d’irrégularités comme l’avance le blog
VoxMaroc qui cite les arguments de sa défense.
Cette condamnation intervient quelques jours seulement après celle d’Abdessamad Haydour. Ce
dernier a, pour rappel, été condamné par le tribunal de première instance de Taza, à trois ans de
prison ferme pour des motifs similaires comme le souligne Biladi.net.
Selon la loi, le roi du Maroc demeure malgré la réforme constitutionnelle adoptée par le pays en
juillet dernier, une personnalité inviolable. «Aussi, la justice estime que s’en prendre à lui est
assimilable à un propos blasphématoire» estime Global Voices. L’article 46 du Code pénal qui
stipule que toute insulte envers la personne du roi est condamnable, ne précise pas pour autant la
peine encourue pour un tel acte.
Une autre affaire récente prouve par ailleurs que le roi chérifien, descendant du Prophète de
l’Islam, n’est pas la seule institution sacrée du royaume. Son armée, dont il est le chef supême,
l’est tout aussi.