Le vendredi 28 janvier 2011, l’un des jours marquants de la révolution, également connu sous le nom de «Jour de la colère », les Égyptiens ont connu une coupure complète, sans préavis, de tous les services mobiles, y compris l’accès à Internet, par les trois opérateurs de télécommunications, à savoir Vodafone, Mobinil et Etisalat dans le but de limiter l’ampleur des manifestations. Ce jour-là, les manifestants ont été accueillis par une violence sans précédent de la part de la police, des centaines de morts et des milliers de citoyens ont été blessés à cause des violences policières mais finalement, la police s’est retirée devant la persistance du public et les forces armées ont été appelées dans la rue. La suspension des services mobiles a duré une journée, mais la coupure d’Internet s’est prolongée jusqu’au 2 février. Par la suite, les entreprises de télécommunications ont expliqué que la coupure soudaine avait été entreprise conformément aux ordres des autorités compétentes en vertu des contrats entre les entreprises et le gouvernement, qui donnent droit à ce dernier à émettre de tels ordres en cas de menaces pour la sécurité nationale. La plainte a été déposée par Mohamed Abd Elal (avocat), Manal Tiby (directrice du Centre égyptien pour le droit au logement), Alaa Mamdouh et Mohamed Al-Etr contre l’ancien président Mohamed Hosni Moubarak, l’ancien premier ministre, Ahmed Nazif, l’ancien ministre de l’intérieur, Habib Al-Adly, l’ancien ministre des communications et des technologies de l’information et chef de l’Autorité nationale des communications, Tarek Kamel, les dirigeants des trois sociétés de télécommunications et d’autres. Les requérants ont affirmé que la fermeture violait indûment leurs droits constitutionnels, leur causant de graves dommages physiques et moraux. Ils ont souligné que les services mobiles sont devenus un moyen technologique clé pour faciliter la vie quotidienne des citoyens égyptiens, surtout si l’on considère que le nombre d’Égyptiens qui ont des téléphones portables a atteint près de soixante millions de personnes, et donc les téléphones mobiles ont un impact important sur les aspects économiques et sociaux de leur vie. En conséquence, et pour le préjudice subi par les citoyens égyptiens, certains des requérants ont exigé que les défendeurs versent une indemnité devant être affectée à la création d’une institution civile, qui serait gérée par les requérants, dans le but de développer l’éducation, la recherche scientifique et technologique en Égypte, tandis que d’autres ont exigé que les défendeurs versent une indemnisation au Trésor public. Le tribunal de première instance a rejeté l’argument des défendeurs selon lequel le tribunal était incompétent et n'a infligé une amende qu’aux personnalités de l’ancien régime pour un total de 540 millions de livres égyptiennes, soit près de 90 millions de dollars américains, répartis comme suit : l’ancien président Moubarak (200 millions de livres égyptiennes), l’ancien ministre de l’intérieur, Al-Adly (300 millions de livres égyptiennes) et l’ancien premier ministre, Nazif (40 millions de livres égyptiennes). Dans sa décision, le tribunal a souligné le fait que « les services de télécommunication et d’internet sont étroitement liés à un ensemble de droits et libertés fondamentaux, tels que la liberté d’expression », le « droit de communiquer », le « droit à la vie privée », le « droit à l’accès à l’internet », le « droit de savoir », le droit connexe « à l’information » et les droits interdépendants : le « droit au développement » et le « droit à la vie ». Par conséquent, restreindre ces services en les supprimant, en les interdisant, en les empêchant ou en les limitant constitue une violation de ces droits et libertés qui porte atteinte à la légitimité de l’ordre de fermeture. Le tribunal a noté, en outre, que bien que le gouvernement ait invoqué la sécurité nationale pour justifier l’ordre de fermeture, il a dissimulé le véritable motif de cet ordre, qui était la protection du régime, et non de l’État. Le tribunal a finalement statué que l’ordre de fermeture n’avait pas de base légale légitime, représentant

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