ARRÊT PATRÍCIO MONTEIRO TELO DE ABREU c. PORTUGAL – OPINIONS SÉPARÉES violentes, tandis que les milices communautaires en sont responsables à hauteur de 5%. Enfin, les forces extérieures et autres sont responsables de 1% de la violence physique à l’égard des femmes en politique3. 15. Le problème de la violence à l’égard des femmes en politique reste peu étudié et les données permettant d’en évaluer l’ampleur ne sont pas recueillies. Les femmes ne dénoncent généralement pas la violence par crainte de représailles, de stigmatisation ou de ne pas être crues. En politique et pendant les élections, des risques supplémentaires pour la réputation exacerbent ces craintes. Le manque de données et de sensibilisation à la violence à l’égard des femmes en politique fait obstacle aux efforts déployés pour concevoir et mettre en œuvre des politiques et une législation efficaces de prévention et d’élimination de la violence (les auteurs de violences sont trop rarement tenus de rendre des comptes et les victimes ont trop peu accès à des recours et services appropriés et en temps utile). Il empêche également de mesurer à plus grande échelle la fréquence de la violence à l’égard des femmes en politique. Certaines études indicatives donnent toutefois à penser qu’il s’agit d’un phénomène généralisé et mondial. 16. Plus de 2 000 cas de violence électorale enregistrés dans six pays entre 2006 et 2010 ont montré que les femmes et les hommes vivent la violence électorale différemment : les femmes sont deux fois plus susceptibles que les hommes de subir des violences psychologiques, tandis que les hommes sont plus susceptibles de subir des blessures physiques4. 17. Une enquête menée en 2016 sur la violence à l’égard des femmes en politique telle qu’elle a été vécue par des candidates en Colombie a montré que 63% des personnes interrogées avaient été victimes d’actes de violence et que, dans la plupart des cas, les auteurs étaient des collègues de la même institution (47%) ou du même parti politique (34%)5. 18. Plus de 80% des femmes parlementaires interrogées dans le cadre d’une étude mondiale réalisée en 2016 ont été victimes de violences psychologiques dans le cadre de leur travail au parlement, une sur trois de violence économique, une sur quatre de violence physique, et une sur cinq de violences sexuelles6. Plus de 40% des femmes parlementaires et membres du personnel parlementaire en Europe, interrogées dans le cadre d’une étude réalisée en 2018, ont été victimes de harcèlement sexuel au travail – un fait Idem. ONU Femmes et PNUD, Prévenir la violence à l’égard des femmes dans les élections : Guide de programmation, consultable sur https://www.unwomen.org/fr/digitallibrary/publications/2017/11/preventing-violence-against-women-in-elections 5 https://colombia.nimd.org/wp-content/uploads/2016/11/El-feno%cc%81meno-de-laViolencia-contra-las-Mujeres-en-Poli%cc%81tica-Agosto-2017.pdf 6 Union Interparlementaire et Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, « Sexisme, harcèlement et violence à l’encontre des femmes parlementaires » (2016), consultable sur https://www.ipu.org/fr/ressources/publications/bulletins-thematiques/2016-10/sexismeharcelement-et-violence-lencontre-des-femmes-parlementaires 3 4 23

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