[2014] 3 R.C.S. R. c. fearon [117] This Court has also pronounced on the dan­gers of putting “its imprimatur” on practices tend­ing to give individuals reason to fear arbitrary or unjustified intrusions upon their privacy. The threat of unreasonable intrusions on privacy (and not only the unreasonable intrusion itself) is enough to undermine the values served by privacy. In R. v. Duarte, [1990] 1 S.C.R. 30, at p. 54, La Forest J. adopted the words of Harlan J., dissenting, in United States v. White, 401 U.S. 745 (1971), at pp. 787-88: La juge Karakatsanis 673 [117] La Cour s’est également prononcée sur les dangers de donner « son imprimatur » à des pra­ ti­ques qui tendent à faire naître chez les gens des raisons de craindre des atteintes arbitraires ou in­ jus­tifiées à leur vie privée. Une menace d’attein­tes abusives à la vie privée (et non pas seulement les atteintes abusives elles-mêmes) suffit pour miner les valeurs soutenues par la vie privée. Dans R. c. Duarte, [1990] 1 R.C.S. 30, p. 54, le juge La Forest a fait siens les propos exprimés en dissidence par le juge Harlan dans United States c. White, 401 U.S. 745 (1971), p. 787-788 : Authority is hardly required to support the proposi­ tion that words would be measured a good deal more carefully and communication inhibited if one suspected his conversations were being transmitted and tran­scribed. Were third-party bugging a prevalent practice, it might well smother that spontaneity — reflected in frivolous, impetuous, sacrilegious, and defiant discourse — that liberates daily life. Much off-hand exchange is easily forgotten and one may count on the obscurity of his re­ marks, protected by the very fact of a limited audience, and the likelihood that the listener will either overlook or forget what is said, as well as the listener’s inability to reformulate a conversation without having to contend with a documented record. [traduction] C’est l’évidence même que l’on pèse­ rait bien davantage ses mots et que la communication en serait gênée si l’on soupçonnait que les conversations étaient transmises et transcrites. Si l’écoute électronique par des tiers était une pratique répandue, elle pourrait étouffer cette spontanéité — reflétée dans les propos fri­vo­ les, vifs, sacrilèges et provocants — qui est la ma­ni­festa­ tion de la liberté dans la vie quotidienne. Bien des choses qui se disent au hasard d’une conversation s’oublient vite et chacun compte sur l’obscurité de ses re­marques, pro­té­ gée par le fait même de son auditoire restreint, par la pro­ babilité que son auditeur oublie ce qui a été dit ou n’en tiendra pas compte, ainsi que par l’incapacité de l’audi­teur de reconstituer une con­ver­sation, sans pouvoir se reporter à des notes écrites. [118] As this Court noted in Duarte, Canadians value “the right to live in reasonable security and free­dom from surveillance, be it electronic or other­wise. And it has long been recognized that this freedom not to be compelled to share our con­ fidences with others is the very hallmark of a free society” (p. 53). Our personal autonomy includes our right to determine when, how, and to what ex­ tent we release personal information (p. 46). [118] Comme l’a souligné notre Cour dans Duarte, les Canadiens tiennent au « droit de vivre avec une mesure raisonnable de protection contre la surveillance électronique ou autre. Il est d’ail­ leurs reconnu depuis longtemps que la liberté de ne pas être obligé de partager nos confidences avec autrui est la marque certaine d’une société libre » (p. 53). Notre autonomie personnelle inclut le droit de déterminer quand, comment et dans quelle me­ sure diffuser des renseignements personnels (p. 46). [119] Section 8 of the Charter provides con­sti­ tutional protection for privacy. It recognizes the right to be “secure against unreasonable search or seizure”. Of course, interests protected by the Char­ ter are not absolute, and only unreasonable searches and seizures are prohibited; thus, the protection strikes a balance between the public interest in ef­ fec­tive law enforcement and society’s interest in [119] L’article 8 de la Charte accorde la pro­tec­ tion de la Constitution à la vie privée. Il reconnaît à chacun le droit à « la protection contre les fouil­ les, les perquisitions ou les saisies abusives ». Bien entendu, les droits garantis par la Charte ne sont pas absolus et seules les fouilles, perquisitions et sai­­sies abusives sont interdites; en conséquence, cette protection établit un équilibre entre l’intérêt

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