Le Conseil a estimé que la décision de l’entreprise de supprimer le contenu est conforme aux valeurs de Meta
en matière de liberté d’expression, de dignité et de sécurité. Le Conseil a jugé que la liberté d’expression des
personnes ciblées par des stéréotypes négatifs et déshumanisants peut également être affectée, étant donné que
l’utilisation de ces stéréotypes peut avoir une influence sur les personnes ciblées et entraver leur participation
sur Facebook et Instagram. Le conseil a aussi considéré que l’augmentation continue du nombre de cas de
violence physique à l’encontre des personnes d’origine serbe en Croatie justifiait de supplanter la liberté
d’expression de l’utilisateur pour protéger la liberté d’expression, la dignité et la sécurité des autres personnes.
Respect des responsabilités de Meta en matière de droits de l’homme
Pour déterminer si la restriction à la liberté d’expression était justifiée au regard des responsabilités de Meta
en matière de droits humains, le Conseil a utilisé le test en trois parties de l’article 19 du PIDCP.
I. Légalité (clarté et accessibilité des règles)
Le Conseil estime que le Standard de la communauté relatif aux discours haineux interdit les attaques
implicites ciblant des groupes sur la base de caractéristiques protégées y compris les comparaisons
déshumanisantes avec des animaux et les déclarations défendant ou promouvant l’exclusion. Toutefois, dans
le cas d’espèce, une quarantaine de modérateurs humains ont décidé que le contenu ne violait pas le Standard
de la communauté sur les discours haineux. De l’avis du Conseil, cela montre que les modérateurs ont
systématiquement cru que la politique leur demandait de trouver une comparaison explicite entre les personnes
d’origine serbe et les rats pour considérer que la publication violait bien ladite politique. Il a donc jugé que la
confusion tout le long du processus prouve le besoin d’avoir une politique et des directives de modération plus
claires.
II. Objectif légitime
Le Conseil a ensuite rappelé que les Standards de la communauté sur les discours haineux et sur la violence
et l’incitation poursuivent l’objectif légitime de protéger les droits d’autrui et notamment les « droits à l’égalité
et à la non-discrimination » [p. 18].
III. Nécessité et proportionnalité
Enfin, le Conseil s’est penché sur l’exigence de nécessité et de proportionnalité. Il a rappelé que le Standard
de la communauté Facebook sur les discours haineux interdit certaines formes spécifiques d’expressions
discriminatoires, y compris les comparaisons avec des animaux et les appels à l’exclusion. Etant donné que
le contenu en question compare les personnes d’origine serbe à des rats et célèbre des actes discriminatoires
accomplis par le passé et est déshumanisant et haineux, le Conseil a estimé que la suppression du contenu en
question était nécessaire pour lutter contre les préjudices sérieux que peuvent poser les discours haineux
fondés sur l’origine ethnique.
De plus, le Conseil a estimé que la suppression du contenu constitue une mesure nécessaire et proportionnée
puisque les interventions moins perturbatrices, telles que les écrans d’avertissement ou d’autres mesures visant
à réduire la diffusion, n’auraient pas fourni une protection adéquate contre les effets cumulatifs du maintien
d’un tel contenu sur la plateforme.
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