ARRÊT CENGİZ ET AUTRES c. TURQUIE
3
de la Turquie. Dès lors, selon les requérants, la mesure de blocage avait
perdu toute raison d’être et constituait une restriction disproportionnée au
droit des internautes à recevoir et communiquer des informations et des
idées.
10. Le 9 juin 2010, le tribunal d’instance pénal d’Ankara rejeta
l’opposition formée par les requérants, considérant notamment que le
blocage litigieux était conforme aux exigences de la législation. S’agissant
de la question de la non-accessibilité des fichiers vidéo à partir de la
Turquie, il indiquait que, si l’accès à ces fichiers à partir de la Turquie avait
effectivement été bloqué par YouTube, les vidéos en question n’avaient pas
pour autant été supprimées de la base de données du site et restaient dès lors
accessibles aux utilisateurs d’Internet dans le monde. Il estimait en outre
que, n’étant pas parties à la procédure d’enquête, les requérants n’avaient
pas qualité pour contester de telles décisions. Enfin, le tribunal indiquait
qu’une opposition formée contre la même décision de blocage avait déjà été
rejetée le 4 juin 2008.
11. Le 2 juillet 2010, le tribunal correctionnel d’Ankara confirma la
décision du 9 juin 2010 du tribunal d’instance pénal d’Ankara, considérant
que celle-ci était conforme aux règles de procédure et qu’elle relevait du
pouvoir discrétionnaire du tribunal.
B. Décisions ultérieures
12. Le 17 juin 2010, le tribunal d’instance pénal d’Ankara adopta une
décision additionnelle concernant YouTube, par laquelle il ordonnait le
blocage de l’accès au site www.youtube.com et à quarante-quatre autres
adresses IP appartenant au site litigieux.
13. Le 23 juin 2010, les deuxième et troisième requérants formèrent
opposition à la décision additionnelle du 17 juin 2010.
14. Le 1er juillet 2010, le tribunal d’instance pénal d’Ankara rejeta
l’opposition formée par les deux requérants et par les représentants de
YouTube et les représentants de l’association de la technologie d’Internet.
S’agissant de la question de la non-accessibilité des fichiers vidéo à partir de
la Turquie, il réitérait que, si l’accès à ces fichiers à partir de la Turquie
avait effectivement été bloqué par YouTube, les vidéos en question
n’avaient pas pour autant été supprimées de la base de données du site et
restaient dès lors accessibles aux utilisateurs d’Internet dans le monde. Il
indiquait en outre que, n’étant pas parties à l’affaire, les demandeurs
n’avaient pas qualité pour contester de telles décisions. Il ajoutait que, dès
lors que, selon lui, le site en question continuait à enfreindre la loi en restant
actif, le blocage litigieux était conforme aux exigences de la législation. Il
écartait enfin l’argument tiré de l’inconstitutionnalité alléguée de la
disposition qui avait été appliquée en l’espèce.
اختر الفقرة المستهدفة3
الاتصال بفقرة
Connect to an entity
Disable highlights
أضف إلى جدول المحتويات