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ARRÊT CENGİZ ET AUTRES c. TURQUIE
15. Par le jugement du 2 juillet 2010 (paragraphe 11 ci-dessus), le
tribunal correctionnel d’Ankara confirma également la décision du 1er juillet
2010 du tribunal d’instance pénal d’Ankara.
C. Informations soumises par les parties
16. Le Gouvernement indique que, avant et après la décision de blocage
de l’accès à YouTube, entre le 23 novembre 2007 et le 1er juillet 2009,
1 785 plaintes ont été adressées à la Présidence de la télécommunication et
de l’informatique (« la PTI »). D’après lui, ces plaintes précisaient que
YouTube hébergeait des contenus qui auraient été illicites au regard de la loi
no 5651, en particulier des contenus qui auraient eu trait à des abus sexuels
sur mineurs et d’autres qui auraient outragé la mémoire d’Atatürk.
17. Le Gouvernement indique également que, avant la décision du 5 mai
2008, les tribunaux internes avaient déjà adopté trente-quatre décisions de
blocage de YouTube en raison de contenus illicites que ce site aurait
hébergés. À la suite de ces décisions, la PTI aurait pris contact avec le
représentant légal de YouTube en Turquie selon la procédure dite de
« notification et retrait ». Toujours selon le Gouvernement, il ressort de la
décision du 5 mai 2008 qu’il existait dix pages web sur lesquelles étaient
diffusés des contenus diffamatoires à l’égard d’Atatürk. Le Gouvernement
ajoute que l’accès à six pages avait été bloqué, mais que les quatre autres
pages étaient restées accessibles à partir de la Turquie ou de l’étranger.
Aussi, poursuit le Gouvernement, la PTI avait-elle notifié à YouTube sa
décision tendant à la suppression de ces contenus. Or YouTube n’aurait pas
cessé d’héberger les pages contestées et la PTI n’aurait eu d’autre solution
que de bloquer l’accès à l’intégralité du site de YouTube, la Turquie n’ayant
pas mis en place de système de filtrage des adresses web (URL).
18. Les requérants indiquent que, à la suite de la décision du 5 mai 2008,
l’accès à YouTube a été bloqué en Turquie par la PTI jusqu’au 30 octobre
2010. Ils ajoutent que, à cette dernière date, le blocage de l’accès à
YouTube a été levé par le parquet compétent, à la suite, selon les requérants,
d’une demande émanant d’une société se déclarant titulaire des droits
d’auteur attachés à ces vidéos. Toutefois, toujours selon les requérants, à
partir du 1er novembre 2010, YouTube a décidé de diffuser les fichiers vidéo
en question, considérant que ceux-ci n’enfreignaient pas les droits des
auteurs. Par ailleurs, les deuxième et troisième requérants soutiennent que
leurs recherches ont permis de constater que, en janvier 2015, quatre
fichiers vidéo (portant les numéros 1, 2, 7 et 8) sur les dix fichiers qui
étaient l’objet de la décision du 5 mai 2008 étaient toujours accessibles via
YouTube. À cet égard, ils précisent que, parmi ces fichiers, les
enregistrements nos 2 et 7 ne renfermaient aucun contenu susceptible d’être
interprété comme un outrage à la mémoire d’Atatürk et qu’ils n’entraient
donc pas dans le champ de l’article 8 de la loi no 5651. En particulier, le
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