[2014] 3 R.C.S. R. c. fearon La juge Karakatsanis 689 [161] Second, I agree with my colleague and the parties to this appeal that there is little value in draw­ing a distinction between smart and dumb cell phones. Even dumb cell phones enable access to text message history, which can provide a tran­script of years of private conversations (R. v. TELUS Com­ mu­nications Co., 2013 SCC 16, [2013] 2 S.C.R. 3, at para.  34), as well as pictures, call history, and con­tacts. Many dumb cell phones can provide ac­ cess to the Internet and email even when they lack the touch screens or keypads that make such uses easier. Officers cannot, based on a brief visual in­ spection of a phone, assess how it has been used or the depth of private information it can access. The Crown advocated against such a distinction, sub­ mit­ting that it would place an un­work­able burden on police to differentiate between dumb and smart phones, particularly given the rapid rate of tech­no­ logical evolution. [161] Deuxièmement, à l’instar de mon collègue et des parties au présent pourvoi, j’estime qu’il n’est pas vraiment utile d’établir une distinction entre les téléphones cellulaires intelligents et ceux peu futés. Même les seconds donnent accès aux historiques de messages texte susceptibles de constituer la trans­ crip­tion d’années de conversations privées (R. c. So­ ciété TELUS Communications, 2013 CSC 16, [2013] 2 R.C.S. 3, par. 34) — ainsi qu’à des pho­tos, à l’his­ torique des appels et aux contacts. Bon nombre de téléphones peu futés permettent d’avoir accès à In­ ter­net et au courrier électronique, même s’ils ne sont pas dotés des claviers ou écrans tactiles qui fa­cili­­ tent encore plus l’usage de ces fonctionnalités. Les policiers ne sont pas en mesure, sur la base d’une brève inspection visuelle du téléphone, de dé­ter­mi­ ner comment celui-ci a été utilisé ou l’éten­due des données privées auxquelles il peut donner accès. Le ministère public s’est élevé contre une telle dis­ tinction, plaidant qu’elle imposerait aux po­liciers la tâche irréalisable d’avoir à distinguer les télépho­­nes intelligents des téléphones peu futés, compte tenu par­ticulièrement de la rapidité avec la­quelle la tech­ nologie évolue. [162] Third, certain decisions have adopted an ap­proach that would allow a limited or “cursory” search of a cell phone incident to arrest (R. v. Polius (2009), 196 C.R.R. (2d) 288 (Ont. S.C.J.), at para. 39). While the notion of a brief, targeted search that could quickly identify evidence without sig­­ nificantly invading the suspect’s privacy is ap­ peal­­ing, based upon the current record, such an ap­proach is neither practical nor principled. Con­ se­­quently, this approach was also rejected by both parties. [162] Troisièmement, dans certaines décisions, les tribunaux ont adopté une approche qui autori­ serait une fouille limitée ou « sommaire » d’un télé­ phone cellulaire accessoirement à une ar­res­ta­­tion (R. c. Polius (2009), 196 C.R.R. (2d) 288 (C.S.J. Ont.), par. 39). Bien que l’idée d’une fouille brève et ciblée qui permettrait aux policiers de repérer ra­pidement des éléments de preuve sans trop s’im­ mis­cer dans la vie privée du suspect ne soit pas sans attrait, compte tenu de la preuve dont nous dis­po­ sons en l’espèce, une telle approche n’est ni pra­ti­ que ni raisonnée. En conséquence, les deux parties l’ont rejetée elle aussi. [163] Given that the information that can be ac­ cessed through a cell phone is highly private, it would be unprincipled to countenance a cursory in­­ fringement of the owner’s privacy — much as it is not permissible to take a cursory walk inside a suspect’s home. [163] Comme les données auxquelles donne ac­ cès un téléphone cellulaire sont éminemment per­ son­nelles, il serait injustifiable de cautionner une atteinte superficielle à la vie privée du propriétaire du téléphone — au même titre qu’il n’est pas per­ mis d’effectuer une visite sommaire à l’intérieur du domicile d’un suspect.

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