Bien que le Conseil ait reconnu que les politiques de Meta en matière d’individus et d’organismes dangereux contenaient plus de détails que lorsqu’il avait publié ses premières recommandations, de sérieuses inquiétudes subsistaient. Le Conseil a souligné qu’il n’était pas clair si les Talibans restaient une entité dangereuse lorsqu’ils ont chassé par la force le gouvernement reconnu de l’Afghanistan. En se référant à sa décision précédente dans les cas de la « Citation nazie » et de « L’isolement d’Öcalan », le Conseil a souligné que, pour apporter de la clarté aux utilisateurs, il avait précédemment recommandé que Meta divulgue soit une liste complète des entités désignées, soit une liste à titre d’illustration. Le Conseil a déclaré qu’il regrettait l’absence de progrès concernant l’application de cette recommandation. Le Conseil a estimé que la définition du terme “ éloge” dans les Standards de la communauté destinés au public à savoir « parler en termes positifs » d’une entité désignée, est trop large. Il a noté que « pour les personnes travaillant dans le traitement de l’information, le lien entre cette règle et l’autorisation d’effectuer des reportages, prévue dans la même politique, n’est pas clair » [p.17]. Il a aussi rappelé que selon Meta « cette autorisation permet de couvrir l’actualité même lorsqu’un utilisateur fait l’éloge de l’entité désignée dans la même publication » [p. 17]. Toutefois, le Conseil a estimé que « la relation entre l’autorisation « d’informer » contenue dans la politique relative aux personnes et organisations dangereuses et l’autorisation générale de publication de l’actualité n’est pas claire pour les utilisateurs » [p. 17]. Il a rappelé que dans sa décision dans le cas de la « publication partagée d’Al Jazeera », il avait recommandé que Meta fournisse des critères et des exemples à titre d’illustration dans les Standards de la communauté sur ce qui constitue une information d’actualité. Mais le Conseil a noté que Meta était en train de consulter plusieurs équipes en interne pour développer des critères et qu’elle prévoyait de conclure ce processus à l’horizon de T4 2022. Le Conseil s’est dit encore préoccupé par le fait que les modifications apportées au Standard de la communauté concerné ne sont pas traduites dans toutes les langues disponibles et qu’il existe des incohérences entre les langues. Par conséquent, la politique n’est pas accessible de manière égale à tous les utilisateurs, ce qui fait qu’il est alors difficile pour eux de comprendre ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas. Le Conseil s’est dit aussi préoccupé par le fait que Meta n’a pas fait suffisamment d’efforts pour expliquer à ses utilisateurs le fonctionnement du système de sanctions. Il a jugé que la page « Limiter les comptes » dans l’Espace modération de Meta ne liste pas de manière exhaustive les limitations de fonctionnalités que l’entreprise peut appliquer et leur durée et n’énumère pas non plus les « périodes de temps définies » pour les pénalités graves comme elle le fait pour les pénalités standard. Ceci a été jugé particulièrement inquiétant, car les pénalités sévères sont plus importantes et il n’existe aucun mécanisme permettant de faire appel des sanctions au niveau du compte indépendamment de la décision relative au contenu. Même lorsque le contenu est rétabli, les limitations de fonctionnalités ne peuvent pas toujours être entièrement annulées. Dans le cas présent, par exemple, l’utilisateur avait déjà subi plusieurs jours de limitations de fonctionnalités qui n’ont pas été entièrement corrigées lorsque Meta est revenu sur sa décision. Le Conseil a noté que le document « Sujets courants » (conseils internes destinés aux modérateurs) définit l’éloge comme un contenu qui « amène le public à avoir une meilleure opinion » d’un groupe désigné. Il pense que cette définition est sans doute plus large que la définition publique des Standards de la communauté. Ainsi, la signification du terme « éloges » dépend moins de l’intention de l’orateur que des effets sur l’audience. En outre, le Conseil a souligné le fait que ni les Standards de la communauté, ni le document sur les Sujets courants ne limitent la discrétion des examinateurs lorsqu’ils restreignent la liberté d’expression. II. Objectif légitime

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